Sur les routes sinueuses du monticule de Thorey,
Glissait le vrombissement d’un moteur.
C’était un sexagénaire en ce chaleureux soir d’été
Qui voulut se promener sur les hauteurs.
Revenant guilleret de la maison de sa belle-mère,
L’idée lui venue subrepticement
D’aller visiter ses terres
Situées tout là-haut, loin des habitants.
Et déjà content
De s’imaginer admirer son bois en solitaire,
Dans son véhicule, souriant,
Des alentours il ne se souciait guère.
Il n’observait point la lune briller au ciel,
Où les arbres s’assouplir face au vent.
Tout ce qui lui paraissait essentiel
Se trouvait beaucoup plus loin devant.
Et il continua de rouler sur le chemin du tertre
Comme s’il n’avait pas une minute à perdre.
Jusqu’à ce que, près de l’arrivée en un instant bref…
Quelque chose sauta devant sa voiture !
Le soixantenaire freina subitement.
D’un coup sec sur la pédale dure,
Tout son corps se pencha en avant !
Et l’automobile, s’arrêta brusquement…
Reprenant son souffle, lentement,
Les mains immobiles sur le volant,
L’homme, le coeur battant,
Releva la tête doucement.
Tout doucement…
Et son regard s’illumina.
La bouche entrouverte,
La respiration tremblante,
Il resta béat.
Puisque face à lui, à peine à quelques pas,
Se tenait, d’une sublime importance,
Un immense cerf.
Le sexagénaire ne sut que faire,
Face à l’animal.
Alors il attendit là.
C’est alors qu’il vit la noblesse de ses bois,
Et son regard fasciné scruta
La brillance de son pelage.
« Que venait-il faire là ? »
Se demanda l’homme aux cheveux noirs.
Et les secondes passèrent comme des heures,
Où le mâle, majestueux,
Trotta tranquillement au son du moteur.
Et le soixantenaire le contempla sans pudeur
S’avancer vers les conifères et les coins herbeux
À la lisière de la route des chasseurs.
Mais alors qu’il s’éloignait entre les arbres olives,
Au loin le cerf se retourna.
Et devant les yeux de l’homme toujours ébahis
Délicatement, il hocha la tête de haut en bas.
Le sexagénaire sentit son coeur s’emballer,
Et très vite, il fit de même sans tarder,
Hochant sa propre tête, émerveillé.
Et l’animal,
S’en retournant,
Finit par se faire la malle.
Et disparut, à travers les champs…
Il fallut un temps,
Pour que l’homme, encore halluciné,
Ne se remette de cette rencontre inattendue.
Et alors qu’il reprit la route, tout doucement,
Il se promit, pour le restant de l’été,
De toujours observer les recoins herbus.
Car peut-être un jour, il reverra
Aux abords de ses terres,
Cet imposant cerf
Qui était passé juste là.
Peut-être un jour, il l’espérait,
Il aura de nouveau la chance d’apercevoir
Sur les chemins bétonnés de Thorey
Cet animal, semblable à un roi.
Celui-là même,
Du grand bois.
Oh merci beaucoup, ce commentaire me touche beaucoup ^^
En espérant que tu apprécies les prochaines poésies aussi !
Pinky